Charles Baudelaire, Notes sur 'Les Liaisons dangereuses'






                                


Ce livre, s’il brûle, ne peut brûler qu’à la manière de la glace.

Livre d’histoire.
Avertissement de l’éditeur et préface de l’auteur (sentiments feints et dissimulés). 

— Lettres de mon père (badinages).

La Révolution a été faite par des voluptueux.
Nerciat (utilité de ses livres). 
Au moment où la Révolution française éclata, la noblesse française était une race physiquement diminuée (de Maistre). 

Les livres libertins commentent donc et expliquent la Révolution. 

— Ne disons pas: Autres mœurs que les nôtres, disons: Mœurs plus en honneur qu’aujourd’hui
Est-ce que la morale s’est relevée? Νon, c’est que l’énergie du mal a baissé. — Et la niaiserie a pris la place de l’esprit.
La fouterie et la gloire de la fouterie étaient-elles plus immorales que cette manière moderne d’adorer et de mêler le saint au profane?
On se donnait alors beaucoup de mal pour ce qu’on avouait être une bagatelle, et on ne se damnait pas plus qu’aujourd’hui.
Mais on se damnait moins bêtement, on ne se pipait pas.


GEORGES SAND


Ordure et jérémiades.
En réalité, le satanisme a gagné, Satan s’est fait ingénu. Le mal se connaissant était moins affreux et plus près de la guérison que le mal s’ignorant. G. Sand inférieure à de Sade.

Ma sympathie pour le livre.
Ma mauvaise réputation.
Ma visite à Billaut [1].
Tous les livres sont immoraux.
Livre de moraliste aussi haut que les plus élevés, aussi profond que les plus profonds.

— À propos d’une phrase de Valmont (à retrouver):

Le temps des Byron venait.
Car Byron était préparé, comme Michel-Ange.
Le grand homme n’est jamais aérolithe.
Chateaubriand devait bientôt crier à un monde qui n’avait pas le droit de s’étonner:
« Je fus toujours vertueux sans plaisir; j’eusse été criminel sans remords». [2]

Caractère sinistre et satanique.
Le satanisme badin.

Comment on faisait l’amour sous l’ancien régime.
Plus gaîment, il est vrai.
Ce n’était pas l’extase, comme aujourd’hui, c’était le délire.
C’était toujours le mensonge, mais on n’adorait pas son semblable. On le trompait, mais on se trompait moins soi-même. 

Les mensonges étaient d’ailleurs assez bien soutenus quelquefois pour induire la comédie en tragédie.

— Ici comme dans la vie, la palme de la perversité reste à [la] femme.

(Saufeia) Femina simplex dans sa petite maison [3].
Manœuvres de l’Amour.
Belleroche. Machines à plaisir.

Car Valmont est surtout un vaniteux. Il est d’ ailleurs généreux, toutes les fois qu’il ne s’agit pas des femmes et de sa gloire. 

— Le dénouement.
La petite vérole (grand châtiment).
La Ruine. 

Caractère général sinistre.
La détestable humanité se fait un enfer préparatoire.

— L’amour de la guerre et la guerre de l’amour. La gloire. L’amour de la gloire. Valmont et la Merteuil en parlent sans cesse, la Merteuil moins.
L’amour du combat. La tactique, les règles, les méthodes. 
La gloire de la victoire.
La stratégie pour gagner un prix très frivole.
Beaucoup de sensualité. Très peu d’amour, excepté chez Mme de Tourvel. 

— Puissance de l’analyse racinienne.
Gradation.
Transition.
Progression.
Talent rare aujourd’hui, excepté chez Stendhal, Sainte-Beuve et Balzac.

Livre essentiellement français.

Livre de sociabilité, terrible, mais sous le badin et le convenable.
Livre de sociabilité.

Liaisons dangereuses.



[1] Ministre de l’Intérieur, au moment du procès des Fleurs du Mal.
[2] Les Natchez.
[3] Ces citations sont empruntées à l’un des passages les plus colorés de la satire VI de Juvénal sur les femmes, respectivement vers 327 (foemina simplex) et 320 (Saufeia). Le satirique trace le tableau des orgies auxquelles donnent lieu les mystères de la bonne déesse; c’est alors que l’on voit la femelle dans sa vérité et une certaine Saufeia défier des "filles" et l’emporter sur elles.





Intrigue
- Comment vint la brouille entre Valmont et la Merteuil.
Pourquoi elle devait venir.
La Merteuil a tué la Tourvel.
Elle n’a plus rien à vouloir de Valmont.
Valmont est dupe. Il dit à sa mort qu’il regrette la Tourvel, et de l’avoir sacrifiée. Il ne l’a sacrifiée qu’à son Dieu, à sa vanité, à sa gloire, et la Merteuil le lui dit même crûment, après avoir obtenu ce sacrifice.
C’est la brouille de ces deux scélérats qui amène les dénouements.
Les critiques faites sur le dénouement relatif à la Merteuil.


Caractères
- A propos de Mme de Rosemonde, retrouver le portrait des vieilles femmes, bonnes et tendres, fait par la Merteuil.
Cécile, type parfait de la détestable jeune fille, niaise et sensuelle.
Son portrait, par la Merteuil, qui excelle aux portraits.
(Elle ferait bien même celui de la Tourvel, si elle n’en était pas horriblement jalouse, comme d’une supériorité.) Lettre XXXVIII.
La jeune fille. La niaise, stupide et sensuelle. Tout près de l’ordure originelle.
La Merteuil. Tartuffe femelle, tartuffe de mœurs, tartuffe du XVIIIe siècle.
Toujours supérieure à Valmont et elle le prouve.
Son portrait par elle-même. Lettre LXXXI. Elle a d’ailleurs du bon sens et de l’esprit.
Valmont, ou la recherche du pouvoir par le Dandysme et la feinte de la dévotion. Don Juan.
La Présidente. (Seule appartenant à la bourgeoisie. Observation importante.) Type simple, grandiose, attendrissant. Admirable création. Une femme naturelle. Une Ève touchante. - La Merteuil une Eve satanique.
D’Anceny, fatigant d’abord par la niaiserie, devient intéressant. Homme d’honneur, poète et beau diseur.
Madame de Rosemonde. - Vieux pastel, charmant portrait à barbes et à tabatière. Ce que la Merteuil dit des vieilles femmes.



Ces notes sur Laclos et son roman publiées pour la première fois en 1903 par Edouard Champion,— Jacques Crépet les rapportait aux années 1856-1857 et à la fin de la vie de Baudelaire.



































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